Manger et boire dans le football des jeunes : ce que l'éducateur doit savoir
Un jeune joueur doit manger pour s'entraîner et pour grandir en même temps. Combien boire, que manger avant et après le match, pourquoi les enfants souffrent davantage de la chaleur et pourquoi ils n'ont pas besoin de compléments, d'après le guide de nutrition de la FIFA.
Linkalde · 2026-10-20
Dans le football des jeunes, l'alimentation et l'hydratation sont presque toujours laissées aux familles. Mais l'éducateur voit des choses qu'on ne voit pas à la maison : le joueur qui arrive à l'entraînement sans avoir goûté, celui qui n'a pas de gourde ou celui qui s'effondre en milieu de seconde période. Le guide de nutrition pour le football de la FIFA rappelle que beaucoup d'éducateurs des catégories de jeunes prennent leur poste sans connaître les besoins des jeunes, et qu'ils ont intérêt à avoir quelques notions de base pour transmettre de bonnes habitudes.
Un enfant n'est pas un petit adulte, même à table
- Ils régulent moins bien leur température. Le mécanisme par lequel le corps se refroidit est moins efficace chez les enfants : il faut donc surveiller la chaleur, la tenue, le type d'effort et l'hydratation.
- Ils mangent pour deux raisons. La croissance demande de l'énergie, des protéines et des minéraux, auxquels s'ajoute ce que dépense l'entraînement. Pour un jeune joueur très actif, il peut être difficile de tout couvrir.
- Mieux vaut plus souvent que plus copieux. Pour apporter beaucoup d'énergie, la FIFA recommande de répartir la journée en 5 à 9 repas et collations plutôt que de remplir davantage les assiettes.
- Pas de compléments. Les jeunes joueurs qui mangent varié n'en ont pas besoin. Les compléments ne sont pas un raccourci vers le succès.
Beaucoup de jeunes veulent «prendre du muscle» vite pour ressembler aux joueurs adultes. La croissance et la maturation sont dictées par la génétique : une bonne alimentation aide à en tirer parti, mais ne les accélère pas.
Boire : 2 % comme limite
Il n'est pas nécessaire de boire tout ce qu'on perd en transpirant, mais la FIFA fixe une limite claire : la perte de liquide pendant l'effort ne devrait pas dépasser 2 % du poids du corps. Pour les poids courants en centre de formation, cela donne :
Perte de poids maximale par la sueur lors d'un entraînement
Comment savoir combien chacun transpire
Avec des joueurs plus âgés, on peut faire un test simple lors d'un entraînement exigeant. On les pèse pieds nus et peu vêtus avant de commencer, puis de nouveau à la fin, secs et dans les 10 minutes qui suivent. On note ce qu'ils ont bu.
| Étape | Exemple |
|---|---|
| Poids avant | 60,0 kg |
| Poids après | 59,2 kg |
| Bu pendant la séance | 0,5 litre |
| Sueur perdue (avant - après + bu) | 0,8 + 0,5 = 1,3 litre |
| À compenser ensuite | 1,2 à 1,5 litre par kilo perdu : ici, 1 à 1,2 litre |
Consignes pour l'entraînement et le match
- Chaque joueur avec sa propre gourde, sans la partager, pour l'hygiène.
- La veille du match, bien boire pendant les repas pour arriver hydraté.
- Par temps chaud, environ 500 ml dans l'heure ou l'heure et demie avant le match, pour avoir le temps d'aller aux toilettes.
- Si l'on va beaucoup transpirer et qu'il y aura peu d'occasions de boire, 300 à 600 ml dans les 15 minutes précédentes. Moins pour les joueurs de petite corpulence.
- Des pauses pour boire prévues par l'éducateur, plus fréquentes quand l'effort est intense et qu'il fait chaud. Profiter aussi de l'échauffement et des temps de récupération.
- Sans exagérer non plus : boire plus qu'on ne transpire fait prendre du poids pendant l'effort.
- Rien de nouveau le jour du match. Comme pour des crampons neufs, les nouvelles boissons et les nouveaux aliments s'essaient d'abord à l'entraînement.
Que manger autour du match
Les glucides (pain, riz, pâtes, céréales, fruits) sont le carburant principal du football, et ils s'épuisent vite. Un joueur au réservoir vide court moins en seconde période, décide moins bien et risque davantage de se blesser. Les protéines et les graisses, en revanche, n'ont pas besoin d'être augmentées les jours précédant le match.
| Moment | Ce qu'il faut viser | Exemples |
|---|---|---|
| Repas d'avant-match | Riche en glucides, pauvre en graisses et en fibres si l'estomac est sensible. | Lait avec céréales et fruit, tartines au miel, riz, pâtes avec sauce légère, sandwichs. |
| Juste après | Glucides et un peu de protéines, en plus de la boisson. | Smoothie aux fruits, yaourt avec céréales, sandwich au fromage ou au jambon avec un jus, céréales avec du lait et un fruit. |
| Le reste de la journée | Repas normaux, variés, sans en sauter aucun. | À répartir en plusieurs repas et collations si le joueur s'entraîne beaucoup. |
Dans les clubs professionnels, il est courant de proposer quelque chose à manger à la fin. Dans la formation, on peut faire pareil à petite échelle : chaque joueur apporte une collation pour après le match, ou les familles se relaient pour apporter fruits et sandwichs.
Attention au trop grand nombre de matchs
Le guide de la FIFA alerte sur le fait que certains jeunes joueurs jouent dans plusieurs équipes et cumulent énormément de matchs par an : on connaît des cas de 100 ou plus. Outre la fatigue physique, cela représente une forte charge psychologique. Parents, enseignants et éducateurs doivent avoir conscience du risque et se coordonner.
Bibliographie
- FIFA y F-MARC. Nutrición para el fútbol. Fédération Internationale de Football Association.